
Estime de soi en berne : 6 façons dont elle peut se manifester dans votre corps

Cécile Puljer
Kinésiologue & Praticienne Constellation Familiales · La Seyne-sur-Mer
Quand l’estime de soi se ressent aussi dans le corps
Vous entrez dans une pièce et, presque instinctivement, votre regard se baisse. On vous fait un compliment et votre premier réflexe est de le minimiser. Vous avez une idée en réunion, mais vous hésitez tellement avant de la partager que quelqu’un finit par parler à votre place.
Le manque d’estime de soi ne se manifeste pas uniquement à travers cette petite voix qui répète « je ne suis pas assez bien ». Le stress, la peur du jugement et la manière dont nous nous percevons peuvent aussi s’exprimer de façon très concrète dans le corps.
Une posture qui change, une mâchoire qui se serre, un ventre qui se noue, une respiration qui s’accélère… le corps nous donne aussi des informations sur ce que nous sommes en train de vivre.
Ces signes ne permettent pas, à eux seuls, de conclure à un manque d’estime de soi. Mais lorsqu’ils reviennent précisément dans les moments où vous doutez de vous, craignez le regard des autres ou n’osez pas prendre votre place, ils méritent qu’on s’y intéresse.
1. Votre posture se referme
Vous entrez dans une pièce et vos épaules se ramènent vers l’avant. Vous baissez davantage le regard. Vous croisez les bras, vous vous installez en retrait ou choisissez spontanément la place où vous serez le moins visible.
Comme si, symboliquement, vous cherchiez à prendre un peu moins de place.
Observer ces changements de posture peut déjà vous donner une indication intéressante : dans quelles situations est-ce que je me sens libre d’être pleinement moi-même, et dans lesquelles ai-je plutôt tendance à m’effacer ?
2. Vous vous sentez épuisé(e) à force de vous remettre en question
« Est-ce que j’ai bien fait ? »
« J’aurais dû répondre autrement. »
« Ils vont penser quoi de moi ? »
« Pourquoi j’ai dit ça ? »
Passer une partie de sa journée à anticiper le jugement, analyser ses réactions ou remettre ses décisions en question demande énormément d’énergie.
À force de se surveiller, de vouloir bien faire, de chercher l’approbation ou de craindre de décevoir, on peut finir par s’épuiser soi-même.
3. Votre voix s’efface
Vous commencez votre phrase par « Désolé(e), mais… ». Vous baissez le ton lorsque vous exprimez une opinion différente. Vous ajoutez « enfin, ce n’est que mon avis » après avoir pourtant expliqué exactement ce que vous pensez.
Parfois, ce n’est pas que vous n’avez rien à dire.
C’est que vous ne vous autorisez pas encore complètement à le dire.
Et lorsque cela se répète, cela peut progressivement devenir une manière habituelle de vous positionner face aux autres : ne pas déranger, ne pas prendre trop de place, ne pas risquer de déplaire.
4. Votre corps se tend dans certaines situations
Une réunion approche et votre mâchoire se serre. Vous devez poser une limite et votre ventre se noue. Vous allez rencontrer de nouvelles personnes et vos épaules se contractent.
Nos émotions et notre stress peuvent s’exprimer dans le corps de manière très concrète.
Plutôt que de chercher immédiatement à faire disparaître la sensation, il peut être intéressant de commencer par l’observer :
Quand apparaît-elle ?
Dans quelles situations revient-elle ?
Qu’est-ce qui se passe dans ma vie à ce moment-là ?
Ce sont précisément le type de questions que nous pouvons utiliser comme point de départ en séance.
5. Votre respiration change
Vous devez prendre la parole et votre respiration devient plus courte. Une conversation vous met mal à l’aise et vous réalisez que vous respirez à peine. Vous attendez une réaction de quelqu’un et votre poitrine semble soudain plus serrée.
Prendre quelques secondes pour observer votre respiration — sans chercher immédiatement à la modifier — permet déjà de revenir à ce qui se passe réellement en vous, plutôt que de rester entièrement concentré(e) sur ce que les autres pourraient penser.
6. Les situations sociales provoquent de véritables réactions physiques
Le cœur accélère au moment de prendre la parole. Vos joues chauffent lorsque tous les regards se tournent vers vous. Vos mains deviennent moites avant de devoir donner votre avis.
Ces réactions sont bien réelles.
Elles peuvent accompagner le stress, la peur du jugement ou cette impression de devoir absolument donner une certaine image de vous-même.
Et parfois, elles finissent par influencer vos choix : vous ne levez plus la main, vous refusez une invitation, vous ne proposez pas votre idée ou vous laissez passer une opportunité que vous auriez pourtant eu envie de saisir.
C’est à ce moment-là que le manque d’estime de soi ne reste plus seulement une pensée : il commence à décider à votre place.
Un exercice à essayer aujourd’hui : le regard d’un ami
Prenez une feuille et repensez à trois situations récentes dans lesquelles vous vous êtes jugé(e) durement.
Pour chacune, écrivez exactement ce que vous vous êtes dit.
« Je suis nul(le). »
« J’aurais dû faire mieux. »
« Tout le monde est plus compétent que moi. »
« J’ai encore tout raté. »
Maintenant, imaginez qu’une personne que vous aimez beaucoup vient vous raconter exactement la même situation.
Que lui diriez-vous ?
Écrivez votre réponse.
Puis regardez les deux textes côte à côte.
Parlez-vous à quelqu’un que vous aimez de la même manière que vous vous parlez à vous-même ?
L’objectif n’est pas de transformer chaque pensée négative en « Je suis extraordinaire ! ». Il s’agit simplement d’observer si vous vous accordez la même compréhension, la même patience et la même nuance que celles que vous offrez naturellement aux autres.
Pour aller un peu plus loin
Choisissez maintenant une phrase qui vous semble juste aujourd’hui.
Par exemple :
« Je choisis de porter un regard un peu plus doux sur moi-même. »
« Je m’autorise à ne pas être parfait(e). »
« Je m’autorise à reconnaître ce que je fais déjà bien. »
« Je choisis de remettre en question certaines croyances que j’ai sur moi-même. »
« Je m’autorise à prendre ma place sans avoir à prouver constamment que je la mérite. »
Vous pouvez également créer votre propre phrase.
L’important est qu’elle vous parle réellement. Si « Je m’autorise à prendre ma place » provoque immédiatement un énorme « absolument pas ! » à l’intérieur de vous, ne cherchez pas à vous convaincre.
Vous pouvez simplement commencer par :
« Aujourd’hui, je m’autorise à commencer à envisager que… »
Puis complétez la phrase avec vos propres mots.
Il ne s’agit pas de vous forcer à croire quelque chose.
Il s’agit d’ouvrir une possibilité différente de celle que vous vous répétez peut-être depuis longtemps.
Quand le corps devient un point de départ en kinésiologie
Le corps occupe une place importante dans ma pratique.
Une tension, un inconfort, une respiration qui change ou même une douleur peuvent devenir des points de départ pour explorer ce que vous traversez.
Si vous me dites en séance : « J’ai mal à l’épaule depuis quelque temps », nous pouvons commencer par regarder très concrètement : depuis quand ? Que se passait-il dans votre vie à ce moment-là ? Y a-t-il des situations dans lesquelles cette sensation évolue ? Et surtout, qu’aimeriez-vous voir changer aujourd’hui ?
Dans mon approche de la kinésiologie, un signal corporel n’est donc pas quelque chose que je cherche simplement à faire taire. Je m’intéresse aussi au contexte dans lequel il apparaît et à ce qu’il peut nous permettre d’explorer en lien avec votre objectif.
J’utilise notamment le test musculaire comme fil conducteur pour orienter la séance et choisir les équilibrations adaptés à cet objectif.
Le toucher utilisé en kinésiologie s’inscrit dans ce cadre précis : test musculaire, points d’acupression et techniques d’équilibration, toujours dans le respect de la personne et de ce qui est travaillé pendant la séance.
Et parce qu’il n’est pas toujours facile de mettre immédiatement des mots sur ce que l’on ressent, partir des sensations corporelles peut parfois permettre d’aborder une situation autrement, tout en restant en lien avec l’échange et la parole.
Une douleur persistante, inhabituelle ou inquiétante doit bien sûr être évaluée par le professionnel de santé adapté. La kinésiologie intervient ici dans une démarche complémentaire : elle ne pose pas de diagnostic médical.
Quand se faire accompagner ?
Si le manque d’estime de soi influence vos décisions, vos relations, votre travail ou la place que vous vous autorisez à prendre, vous n’êtes pas obligé(e) d’attendre qu’il devienne encore plus envahissant pour vous en occuper.
À La Seyne-sur-Mer, je vous accompagne à travers la kinésiologie et les constellations systémiques et familiales.
Nous pouvons travailler sur le stress, les émotions, la confiance et l’estime de soi, mais aussi sur les places et les schémas relationnels ou familiaux qui continuent parfois d’influencer votre manière de vous positionner aujourd’hui.
L’objectif n’est pas de devenir quelqu’un d’autre.
Retrouver davantage d’estime de soi ne signifie pas non plus apprendre à se trouver formidable en permanence.
Cela peut commencer beaucoup plus simplement : porter sur soi un regard un peu moins dur, reconnaître ce que l’on fait déjà bien, écouter davantage ses besoins et s’autoriser, progressivement, à prendre sa place.

