
Relation mère-fille toxique : se libérer sans culpabilité

Cécile Puljer
Praticienne Constellation Familiales & Kinésiologue · La Seyne-sur-Mer
Quand la relation avec sa mère devient difficile à vivre
Les relations entre une mère et sa fille peuvent être très proches, conflictuelles, distantes, fusionnelles… et parfois plusieurs de ces choses à la fois.
Certaines femmes aiment profondément leur mère tout en constatant qu'après chaque échange, elles se sentent coupables, en colère, épuisées ou remises en question.
D'autres ont le sentiment de devoir constamment faire attention à ce qu'elles disent, se justifier ou adapter leurs décisions pour éviter une réaction.
Et une question finit parfois par apparaître :
« Est-ce que cette relation est toxique ou est-ce que j'exagère ? »
Une relation difficile n'est pas forcément une relation « toxique »
Le terme est aujourd'hui beaucoup utilisé.
Un désaccord, une période de conflit ou une mère qui ne correspond pas à ce que l'on aurait souhaité ne suffisent pas à qualifier une relation de toxique.
Plutôt que de chercher immédiatement une étiquette, il peut être plus utile d'observer ce qui se passe concrètement dans la relation et ce que cela provoque chez vous.
Par exemple :
- vous vous sentez responsable de l'humeur ou du bonheur de votre mère ;
- dire non provoque immédiatement une forte culpabilité ;
- vos choix personnels sont régulièrement critiqués ou remis en question ;
- vous avez l'impression de devoir vous justifier lorsque vous prenez une décision différente de ce qu'elle aurait souhaité ;
- vous avez été très tôt sa confidente ou celle qui devait la rassurer ;
- vous adaptez encore votre comportement pour éviter qu'elle soit déçue, triste ou en colère ;
- vos limites sont régulièrement ignorées ou contestées.
Ce qui compte alors n'est pas uniquement de savoir comment nommer la relation.
La question peut plutôt devenir :
« Quelle place cette relation prend-elle aujourd'hui dans ma vie, et quelle place ai-je envie de lui donner ? »
Fusion, culpabilité et inversion des rôles
Certaines dynamiques reviennent fréquemment dans les relations mère-fille difficiles.
Dans une relation très fusionnelle, par exemple, devenir adulte et faire ses propres choix peut être vécu comme une prise de distance difficile à accepter.
La fille peut alors éprouver de la culpabilité à prendre une décision qui ne plaît pas à sa mère, à vivre loin d'elle, à moins l'appeler ou simplement à avoir une opinion différente.
Dans d'autres familles, les rôles ont pu s'inverser très tôt.
Une enfant peut avoir été beaucoup sollicitée émotionnellement par sa mère, devenir sa confidente ou avoir le sentiment qu'elle devait la protéger et prendre soin d'elle.
À l'âge adulte, sortir de ce rôle peut être difficile même lorsque l'on sait qu'il nous épuise.
Et c'est là qu'une chose importante apparaît : comprendre intellectuellement qu'une limite est nécessaire ne signifie pas que l'on arrivera à la poser sans culpabilité.
Poser une limite ne signifie pas couper les ponts
On associe parfois la prise de distance à une rupture complète.
Pourtant, entre tout accepter et ne plus jamais voir sa mère, il existe beaucoup de possibilités.
Une limite peut être :
« Je préfère qu'on ne parle plus de ce sujet. »
« Je ne peux pas venir ce week-end. »
« Je comprends que tu ne sois pas d'accord, mais cette décision m'appartient. »
Cela peut aussi être décider de ne plus répondre immédiatement à chaque appel, raccourcir certaines conversations ou arrêter de donner des informations personnelles sur un sujet qui provoque systématiquement des conflits.
La bonne limite n'est pas forcément celle que l'autre comprend ou apprécie.
C'est celle qui vous permet de rester dans la relation sans avoir constamment besoin de vous abandonner vous-même.
Et parfois, lorsque la relation est particulièrement douloureuse, une distance plus importante peut effectivement devenir nécessaire.
La culpabilité n'est pas toujours la preuve que l'on fait quelque chose de mal
C'est probablement l'une des difficultés les plus importantes.
Vous posez enfin une limite… et vous vous sentez immédiatement coupable.
Cette culpabilité peut alors vous pousser à revenir en arrière : rappeler, vous justifier, accepter finalement ce que vous aviez refusé ou essayer de réparer la déception de votre mère.
Pourtant, ressentir de la culpabilité ne signifie pas automatiquement avoir commis une faute.
Elle peut aussi apparaître parce que vous êtes en train de faire quelque chose de différent de ce que vous avez toujours fait.
Si vous avez appris très tôt que votre rôle était de rassurer votre mère, de ne pas la décevoir ou de prendre soin de ses émotions, commencer à agir autrement peut être profondément inconfortable.
C'est justement cette différence entre être responsable de ses propres choix et se sentir responsable des émotions de l'autre qui peut être intéressante à travailler.
Ce que les constellations familiales permettent d'explorer
Dans une relation mère-fille, la question de la place est particulièrement importante.
Une mère reste la mère et sa fille reste sa fille, même lorsque cette dernière est devenue adulte.
En constellation familiale, nous pouvons regarder ce qui a pu brouiller ces places : une inversion des rôles, une relation très fusionnelle, certaines responsabilités prises trop tôt ou encore des dynamiques présentes dans les générations précédentes.
Il peut également être intéressant d'observer la relation de votre mère avec sa propre mère.
Non pas pour excuser ce qui vous a fait souffrir, mais pour comprendre le système dans lequel cette relation s'est construite et revenir à votre juste place.
Se libérer ne veut pas forcément dire se réconcilier
Le travail ne consiste pas à transformer votre mère ni à obtenir enfin d'elle la réaction que vous attendez.
Et il ne consiste pas non plus à vous obliger à pardonner.
Parfois, la relation évolue.
Parfois, ce sont surtout vos attentes, vos limites et votre manière de vous positionner qui changent.
Il peut également y avoir un deuil à faire : celui de la mère que l'on aurait aimé avoir, de certaines paroles que l'on aurait voulu entendre ou d'une relation que l'on espérait différente.
Se libérer peut alors signifier accepter ce qui n'a pas été, tout en choisissant ce que l'on souhaite construire pour soi aujourd'hui.
Je vous accueille à La Seyne-sur-Mer en constellation familiale individuelle et lors de journées de constellations familiales en groupe.
Et lorsque la relation provoque beaucoup de stress, de colère, de culpabilité ou des réactions émotionnelles difficiles à apaiser, la kinésiologie peut également permettre de travailler sur ces émotions à partir d'un objectif précis.

