
Épuisement maternel : reconnaître le burn-out parental avant qu'il s'installe

Cécile Puljer
Kinésiologue & Praticienne Constellation Familiales · La Seyne-sur-Mer
Quand être fatiguée devient votre état normal
Vous terminez la journée épuisée. Les enfants sont enfin couchés et, pourtant, au lieu d'aller dormir, vous restez encore un peu sur le canapé.
Parce que c'est peut-être le premier moment de la journée qui n'appartient qu'à vous.
Et pendant que vous essayez de souffler, une partie de votre cerveau continue déjà à penser à demain : le rendez-vous à prendre, le sac à préparer, le papier à signer, ce qu'il reste dans le frigo, le message auquel vous avez oublié de répondre, le rendez-vous médical du petit dernier…
Puis le réveil sonne.
Et ça recommence.
Être parent est fatigant. Il y a des périodes plus intenses que d'autres, des nuits trop courtes, des enfants malades, des semaines où tout semble arriver en même temps.
Mais lorsque l'épuisement devient votre fonctionnement habituel, que vous avez l'impression de ne jamais vraiment récupérer et que même les petites choses commencent à vous demander un effort immense, cela mérite que l'on s'y intéresse.
Quand les premiers signaux apparaissent
L'épuisement parental ne commence pas nécessairement par un effondrement spectaculaire.
Il peut s'installer progressivement.
Vous devenez beaucoup plus irritable et le simple « Maman ! » entendu pour la quinzième fois vous donne envie de vous enfermer cinq minutes dans les toilettes.
Vous faites ce qu'il faut — les repas, les devoirs, les rendez-vous, les lessives — mais de plus en plus en mode automatique.
Vous aimez vos enfants, et pourtant vous rêvez parfois qu'on ne vous demande absolument rien pendant 24 heures.
Vous culpabilisez de ne plus avoir autant de patience, puis cette culpabilité vous épuise encore davantage.
Vous avez moins envie de voir du monde, moins envie de faire les choses qui vous faisaient du bien et parfois même plus vraiment l'énergie de vous demander ce dont vous auriez besoin.
Ce n'est pas un manque d'amour pour vos enfants.
C'est peut-être simplement que vos réserves commencent sérieusement à diminuer.
La charge mentale : ce travail qui continue même lorsque vous êtes assise
Il y a la fatigue liée à tout ce que vous faites.
Et il y a celle liée à tout ce à quoi vous pensez.
Anticiper les rendez-vous. Se souvenir que les chaussures deviennent petites. Vérifier les devoirs. Prévoir les repas. Penser au cadeau d'anniversaire. Remarquer qu'il n'y a bientôt plus de dentifrice. Organiser les vacances. Se demander pourquoi l'un des enfants semble plus silencieux depuis trois jours.
La charge mentale ne correspond pas seulement au nombre de tâches réalisées.
C'est aussi le fait d'être celle qui doit penser aux tâches avant même qu'elles existent.
Et c'est là que l'épuisement peut devenir difficile à identifier : vous pouvez être assise sur le canapé et continuer malgré tout à gérer mentalement toute la maison.
À force, le moindre imprévu peut devenir la goutte de trop.
Pas parce que cet imprévu est particulièrement grave.
Mais parce qu'il arrive dans une journée qui était déjà pleine avant même qu'il apparaisse.
Et votre corps dans tout ça ?
Lorsque le stress et la fatigue s'accumulent, ils peuvent aussi s'accompagner de manifestations très concrètes : épaules constamment contractées, mâchoire serrée, ventre noué, sommeil perturbé, respiration plus courte, sensation de ne jamais parvenir réellement à relâcher.
C'est aussi ce que nous pouvons utiliser comme point de départ en kinésiologie.
Si vous arrivez en séance en me disant :
« Je suis épuisée et je ne supporte plus rien. »
nous pouvons partir exactement de là.
Avec le test musculaire comme fil conducteur, nous définissons ensemble ce que vous souhaitez travailler et nous pouvons explorer le stress, les émotions, les situations qui vous sollicitent particulièrement ou encore certaines difficultés à poser vos limites et à écouter vos propres besoins.
Parce que parfois, la question n'est pas seulement :
« Comment réussir à tenir encore un peu ? »
Elle peut aussi devenir :
« Qu'est-ce que je peux arrêter de porter ? »
Une question à vous poser plutôt qu'un exercice de plus
Pour cet article, je ne vais justement pas vous demander d'ajouter un nouvel exercice à votre journée. 😉
Prenez simplement quelques instants et posez-vous cette question :
Si quelqu'un pouvait prendre en charge trois choses à ma place cette semaine, lesquelles choisirais-je ?
Pas celles que vous pensez pouvoir raisonnablement déléguer.
Celles dont vous aimeriez réellement ne plus avoir à vous occuper.
Notez les trois premières réponses qui vous viennent.
Puis regardez-les.
Est-ce que quelqu'un pourrait effectivement prendre en charge l'une d'elles ?
Est-ce qu'une de ces choses pourrait être reportée ?
Simplifiée ?
Faite moins parfaitement ?
Ou même… ne pas être faite du tout ?
L'objectif n'est pas de mieux organiser votre épuisement.
C'est de commencer à vous demander ce qui pourrait réellement sortir de votre charge.
Et si derrière le « je dois tout gérer », il y avait autre chose ?
Pour certaines personnes, déléguer est relativement facile.
Pour d'autres, c'est presque plus inconfortable que de tout faire elles-mêmes.
Si je ne le fais pas, ce ne sera pas fait correctement.
Je ne peux pas laisser les autres se débrouiller.
Une bonne mère devrait être capable de gérer ça.
Je dois penser à tout.
Je ne peux pas faire passer mes besoins avant ceux de mes enfants.
Ces phrases peuvent venir de nos habitudes, de notre histoire, de ce que nous avons appris très tôt ou encore des modèles de parentalité avec lesquels nous avons grandi.
En kinésiologie, nous pouvons justement travailler sur ces croyances, sur le stress qu’elles génèrent et sur cette difficulté parfois très profonde à s’autoriser à ne pas tout porter.
Et lorsque l’histoire familiale prend une place particulière dans ce qui émerge, les constellations systémiques et familiales peuvent également être une piste à explorer.
Ne pas attendre d'être complètement à bout
Il n'est pas nécessaire d'attendre l'effondrement pour considérer que votre fatigue mérite de l'attention.
Et il existe une différence importante entre traverser une semaine épuisante et avoir progressivement le sentiment que vous n'avez plus de ressources pour faire face à votre quotidien.
Si cet épuisement devient très important, si vous vous sentez durablement détachée de vos enfants, si vous ne ressentez presque plus de plaisir, si vous avez des idées noires ou si vous ne parvenez plus à assurer votre quotidien, il est important d'en parler également à votre médecin ou à un professionnel de santé.
Je vous accueille à La Seyne-sur-Mer en kinésiologie pour travailler sur le stress, les émotions, la surcharge et les difficultés à poser vos limites.
La séance peut aussi être simplement, au départ, un espace pour souffler et déposer.
Un moment où, pendant une heure, vous n’avez pas à penser au prochain rendez-vous, à ce qu’il faut préparer pour demain ou à ce dont les autres ont besoin. Un espace dans lequel nous pouvons partir de ce que vous vivez aujourd’hui, de ce qui vous pèse et de ce dont vous avez besoin.
Parce que lorsque l’on passe son temps à prendre soin, organiser, anticiper et porter pour les autres, s’accorder un espace pour soi n’est pas forcément une chose que l’on sait encore faire naturellement.
Et l’objectif n’est pas de vous apprendre à supporter toujours davantage.
Parfois, il commence simplement par vous autoriser à porter un peu moins.
