
Procrastination chronique : Pourquoi savoir ce qu'il faut faire ne suffit pas ?

Cécile Puljer
Praticienne Constellation Familiales & Kinésiologue · La Seyne-sur-Mer
« Je sais que je dois le faire… mais je ne le fais pas »
Vous savez exactement ce que vous devez faire : envoyer ce mail, commencer ce dossier, prendre ce rendez-vous, refaire votre CV ou vous lancer enfin dans ce projet qui vous tient à cœur depuis des mois.
Vous y pensez régulièrement, vous le remettez sur votre liste… et pourtant, au moment de vous y mettre, vous trouvez soudain une quantité impressionnante de choses plus urgentes à faire.
La procrastination est souvent associée à un manque de motivation ou d'organisation. Pourtant, ce n'est pas toujours aussi simple. Parfois, ce n'est pas réellement ce que nous avons à faire que nous évitons, mais ce que le fait de nous y confronter nous fait ressentir.
Pourquoi repousser peut nous soulager… momentanément
Lorsque nous devons nous attaquer à quelque chose que nous trouvons difficile, ennuyeux, stressant ou inconfortable, différentes émotions peuvent apparaître : appréhension, frustration, peur de mal faire, ennui, sentiment de ne pas être à la hauteur…
Repousser permet alors d'obtenir quelque chose immédiatement : un peu de soulagement.
Le problème, c'est que ce soulagement est généralement de courte durée. Ce que nous devions faire est toujours là, parfois devenu plus urgent. La culpabilité s'ajoute au stress et, lorsque nous y repensons, l'obstacle semble souvent encore plus important qu'au départ.
Un cercle peut alors s'installer :
Je ressens de l'inconfort → je repousse → je me sens momentanément mieux → je culpabilise ou je stresse → ce que j'ai à faire me paraît encore plus lourd → je repousse à nouveau.
Les recherches sur la procrastination s'intéressent notamment à ce mécanisme de régulation émotionnelle : éviter momentanément une situation désagréable peut permettre de diminuer l'inconfort qu'elle provoque à court terme.
Cela ne signifie évidemment pas que toute procrastination cache un problème émotionnel profond. Parfois, vous êtes simplement fatigué(e), vous manquez de temps ou ce que vous devez faire vous ennuie profondément.
Et parfois… vous regardez une montagne alors qu'il faudrait simplement regarder la première marche.
Quand ce que vous avez à faire est devenu une montagne
« Faire ma comptabilité. »
« Refaire mon site internet. »
« Chercher un nouveau travail. »
« Ranger la maison. »
Derrière ces formulations se cachent en réalité des projets entiers. Et lorsqu'un objectif est trop vaste ou trop vague, il peut devenir difficile de savoir par où commencer.
« Refaire mon site internet » peut par exemple devenir : ouvrir le site, relire uniquement la page d'accueil, noter trois choses à modifier, changer une photo ou retravailler un paragraphe.
La montagne n'a pas disparu. Mais vous n'avez plus besoin de la gravir aujourd'hui.
Vous avez simplement besoin de monter la première marche.
Et parfois, cela suffit à remettre du mouvement.
Et quand on sait parfaitement par où commencer… mais qu'on ne le fait toujours pas ?
C'est là que cela devient intéressant.
Vous pouvez avoir découpé votre projet en petites étapes, savoir exactement quoi faire, disposer du temps nécessaire et même avoir réellement envie du résultat… tout en continuant à repousser le moment de commencer.
Vous souhaitez envoyer une candidature, mais l'idée d'être évalué(e) vous met mal à l'aise. Vous voulez lancer votre activité, mais cela signifie aussi commencer à vous montrer et parler de ce que vous faites. Vous évitez un dossier administratif parce que vous redoutez ce que vous allez découvrir en l'ouvrant.
Ou vous repoussez la fin d'un projet parce que, tant qu'il n'est pas terminé, il ne peut pas vraiment être jugé.
Dans ces situations, la question devient moins « Comment réussir à me motiver ? » que :
« Qu'est-ce qui devient inconfortable pour moi si je passe réellement à l'action ? »
Trois questions pour regarder votre procrastination autrement
Choisissez une seule chose que vous repoussez actuellement et complétez spontanément ces trois phrases :
Si je fais cette chose, j'ai peur que…
Si je ne la fais pas, j'évite…
La première action que je pourrais faire en moins de dix minutes serait…
Il n'est pas nécessaire d'avoir une révélation spectaculaire. Vous pourriez simplement réaliser que vous avez peur de mal faire, que vous ne savez pas vraiment par où commencer, que vous êtes épuisé(e) ou que ce projet représente beaucoup plus pour vous que vous ne le pensiez.
Et cette information peut déjà changer la manière dont vous abordez votre blocage.
Et en kinésiologie ?
Vous pouvez parfaitement arriver en séance en me disant :
« Je dois faire ça depuis six mois et je n'arrive pas à m'y mettre. »
Nous n'avons pas besoin d'en connaître immédiatement la raison.
À partir d'un objectif défini ensemble, le test musculaire me sert de fil conducteur pour explorer le stress associé à cette situation et travailler sur ce qui émerge : peur de l'échec, perfectionnisme, peur du regard des autres, difficulté à prendre sa place ou tout autre élément propre à votre histoire.
L'objectif n'est pas de vous apprendre à mieux remplir votre agenda. Il est plutôt de regarder ce qui se passe pour vous entre le moment où vous décidez de faire quelque chose et celui où vous devez réellement passer à l'action.
Et si l'histoire familiale apparaît ?
Parfois, une dimension familiale peut effectivement émerger : une croyance très présente autour du travail ou de l'argent, une difficulté à réussir davantage qu'un parent, une peur de devenir visible, une loyauté invisible ou une difficulté à prendre pleinement sa place.
Dans ce cas, les constellations systémiques et familiales peuvent offrir une autre manière d'explorer ce qui se joue.
Mais toute procrastination n'est pas transgénérationnelle.
Parfois, une montagne a simplement besoin d'être transformée en quelques marches. Et parfois, ce qui nous empêche de monter la première mérite d'être regardé d'un peu plus près.
Dans mon cabinet à La Seyne-sur-Mer, je vous accompagne en kinésiologie et, lorsque cela est pertinent, en constellations systémiques et familiales pour explorer ces blocages à partir de votre situation concrète.
Et si la première étape était simplement de ne plus procrastiner sur cette question-là ? 😉

