
"Et ce bébé, c'est pour quand ?" : quand une question anodine fait mal

Cécile Puljer
Praticienne Constellation Familiales & Kinésiologue · La Seyne-sur-Mer
Une petite question qui peut toucher un endroit très sensible
Un repas de famille, un mariage, une soirée entre amis.
La conversation tourne autour des enfants et quelqu'un vous demande, parfois avec le sourire :
« Et vous, c'est pour quand ? »
Pour la personne qui pose la question, cela peut sembler anodin. Elle ignore peut-être complètement ce que vous traversez.
Mais lorsque vous essayez d'avoir un enfant depuis plusieurs mois ou plusieurs années, que vous êtes en parcours de PMA, que vous venez de vivre un échec ou que la question de la parentalité est douloureuse pour vous, quelques mots peuvent suffire à faire remonter beaucoup de choses.
Et le plus compliqué arrive parfois juste après : que répondre ?
Pourquoi cette question peut-elle faire aussi mal ?
Parce qu'elle touche à quelque chose de très intime sans que vous ayez choisi d'en parler.
Elle peut aussi arriver à un moment particulièrement difficile : quelques jours après un résultat négatif, pendant un traitement, après l'annonce d'une grossesse dans votre entourage ou simplement au milieu d'une période où l'attente devient lourde.
Vous pouvez alors ressentir de la tristesse, de la colère, de la gêne ou simplement l'envie que la conversation passe très vite à autre chose.
Et parfois, il faut malgré tout sourire et continuer le repas comme si de rien n'était.
La personne en face ne connaît pas forcément votre histoire. Son intention n'est pas nécessairement de vous blesser. Mais cela ne signifie pas que la question ne peut pas faire mal.
Vous n'avez pas à raconter votre parcours pour justifier votre réaction
C'est probablement l'une des choses les plus importantes à rappeler.
Vous n'êtes pas obligé(e) d'expliquer que vous essayez depuis deux ans, que vous êtes en PMA, que vous venez de faire une FIV ou que vous ne savez pas encore ce que vous souhaitez pour la suite.
Votre intimité vous appartient.
Et vous pouvez choisir ce que vous racontez, à qui vous le racontez et à quel moment.
Cela vaut également avec la famille proche.
Être votre mère, votre sœur, votre meilleur ami ou votre belle-mère ne donne pas automatiquement accès à toutes les informations concernant votre parcours.
Mais alors, qu'est-ce qu'on répond ?
Cela dépend surtout de ce que vous avez envie de protéger à ce moment-là.
Si vous souhaitez rester vague :
« On verra bien. »
« Si un jour il y a quelque chose à annoncer, vous serez au courant. »
Si vous souhaitez poser une limite :
« C'est un sujet assez personnel, je préfère qu'on n'en parle pas. »
« Je sais que la question part d'une bonne intention, mais je préfère qu'on évite ce sujet. »
Si vous souhaitez être plus direct(e) :
« Cette question peut être difficile à entendre quand on ne connaît pas le parcours des gens. »
Et si vous n'avez absolument aucune envie de répondre :
vous pouvez aussi ne pas répondre.
Changer de sujet, aller chercher un verre d'eau ou soudain découvrir une passion absolument urgente pour ce qui se passe dans la cuisine reste parfaitement envisageable. 😉
Vous n'avez pas besoin de trouver la réponse parfaite. Vous avez simplement le droit de choisir celle qui vous protège le mieux à cet instant.
Et les annonces de grossesse ?
C'est parfois l'autre moment difficile à expliquer à l'entourage.
Vous pouvez être sincèrement heureux(se) pour quelqu'un et ressentir en même temps de la tristesse pour vous-même.
Les deux émotions peuvent coexister.
Une annonce de grossesse, une naissance ou même certaines conversations autour des enfants peuvent venir rappeler brutalement ce que vous attendez.
Cela ne fait pas de vous une mauvaise amie, une mauvaise sœur ou une mauvaise personne.
Et si vous avez besoin de prendre un peu de distance avec certaines situations pendant un temps, cela peut aussi faire partie de votre manière de vous préserver.
Faut-il dire à son entourage que l'on est en parcours de PMA ?
Il n'y a pas une bonne réponse.
Certaines personnes ont besoin que leurs proches sachent ce qu'elles traversent. Cela leur évite notamment les questions répétées et leur permet de recevoir du soutien.
D'autres préfèrent garder leur parcours dans un cercle très restreint.
Vous pouvez également choisir une solution intermédiaire : en parler à une ou deux personnes de confiance et leur demander de ne pas transmettre l'information.
La vraie question n'est peut-être pas :
« Est-ce que je devrais leur dire ? »
Mais plutôt :
« Est-ce que le fait de leur dire me ferait du bien aujourd'hui ? »
Quand le regard des autres commence à prendre trop de place
À force d'anticiper certaines questions, de redouter les annonces de grossesse ou de devoir faire bonne figure, le regard des autres peut finir par ajouter une charge supplémentaire à un parcours qui en demande déjà beaucoup.
Dans mon cabinet à La Seyne-sur-Mer, j'accompagne notamment les femmes et les couples qui traversent un parcours de PMA ou un désir d'enfant difficile.
En kinésiologie, nous pouvons travailler sur le stress et les émotions que ces situations viennent déclencher : une question de l'entourage, une annonce de grossesse, la peur d'un repas familial ou simplement cette impression de devoir constamment montrer que tout va bien.
Le test musculaire sert de fil conducteur pour orienter le travail à partir de l'objectif défini ensemble.
La séance peut aussi être un endroit où vous n'avez pas besoin de rassurer votre entourage, de trouver les bons mots ou d'expliquer pourquoi certaines choses vous touchent.
Vous pouvez simplement partir de ce qui est difficile pour vous aujourd'hui.
Je propose également un appel découverte gratuit de 15 minutes si vous souhaitez échanger avant de prendre rendez-vous.



