
Deuil d'un parent : traverser la perte sans se perdre soi-même

Cécile Puljer
Kinésiologue & Praticienne Constellation Familiales · La Seyne-sur-Mer
Le lien avec une personne disparue évolue. L'enjeu n'est pas nécessairement de l'oublier, mais de trouver progressivement une manière de continuer à vivre avec son absence, sans que celle-ci prenne toute la place.
Quand certaines choses n'ont pas pu être dites
La disparition d'un parent peut laisser des choses en suspens.
Un « je t'aime » que l'on n'a jamais réussi à prononcer. Une colère que l'on a gardée. Une question que l'on pensait avoir encore le temps de poser. Un pardon qui n'est jamais venu. Un dernier moment que l'on aurait aimé vivre différemment.
Dans ces situations, je propose parfois un exercice très simple : écrire une lettre à son parent disparu.
Cette lettre n'a pas vocation à être envoyée, bien sûr. Elle permet simplement de mettre sur le papier ce qui a besoin d'être exprimé.
Vous pouvez y écrire ce que vous n'avez pas eu le temps de dire, mais aussi ce que vous n'avez jamais osé dire : l'amour, le manque, la colère, les regrets, les incompréhensions, les questions ou même le soulagement.
Ne cherchez pas à écrire quelque chose de beau ou de cohérent. Cette lettre est pour vous.
Et si une émotion arrive pendant que vous écrivez, laissez-lui, autant que possible, un peu de place.
Et le geste symbolique ?
À un autre moment du processus, lorsque vous sentez que quelque chose a déjà été déposé ou traversé, un geste symbolique peut venir marquer une étape.
Allumer une bougie. Planter un arbre ou une fleur. Aller dans un lieu qui avait du sens pour vous. Déposer quelque chose. Écouter une musique particulière. Créer votre propre rituel.
Il n'existe pas de geste universel.
Ce qui compte, c'est qu'il ait du sens pour vous.
Je fais toutefois une différence entre ce geste et la lettre : lorsqu'il reste encore beaucoup de choses à exprimer, la lettre peut permettre de les déposer. Le geste symbolique peut, lui, venir plus tard marquer un passage, une reconnaissance ou une forme de clôture intérieure, lorsque cela semble juste pour la personne.
La place particulière des constellations familiales dans le deuil
Les constellations systémiques et familiales peuvent avoir une place très forte dans l'accompagnement d'un deuil.
Elles peuvent permettre de travailler sur ce qui est resté en suspens dans la relation : quelque chose qui n'a pas été dit, un conflit, une séparation difficile, un dernier geste qui n'a pas pu avoir lieu ou simplement le besoin de retrouver symboliquement une place plus juste vis-à-vis de la personne disparue.
Dans l'approche des constellations familiales, nous pouvons également observer qu'après la disparition d'un proche, une part de la personne endeuillée semble parfois être restée avec celui ou celle qui est parti(e).
Cela peut notamment se manifester par une difficulté à se réengager pleinement dans sa propre vie, comme si continuer à vivre, à aimer, à rire ou à avancer revenait d'une certaine manière à abandonner la personne disparue.
Le travail peut alors consister symboliquement à laisser le parent décédé à sa place et à revenir soi-même pleinement du côté des vivants.
Cela ne signifie pas couper le lien.
Au contraire.
Il s'agit de reconnaître : « Tu fais partie de mon histoire. Tu gardes ta place. Et moi, je continue à vivre. »
C'est une distinction importante dans mon approche des constellations : continuer à vivre n'est pas oublier.
Certaines phrases ou certains gestes symboliques peuvent être utilisés pendant une constellation pour accompagner ce mouvement. Je préfère cependant les laisser émerger dans le cadre de la séance plutôt que de proposer une formule universelle, car ils prennent leur sens en fonction de l'histoire de la personne et de ce qui se présente à ce moment-là.
La kinésiologie peut également accompagner cette période, notamment pour travailler sur le stress, les émotions ou certaines réactions associées à la perte. Selon la personne et ce qu'elle traverse, les deux approches n'auront pas nécessairement la même place.
Quand vous ressentez le besoin d'être accompagné(e)
Il n'existe pas de délai à partir duquel vous devriez avoir « terminé » votre deuil.
Vous pouvez ressentir le besoin d'être accompagné(e) quelques semaines après la disparition, plusieurs mois plus tard ou même des années après, parce qu'un événement vient soudain remettre quelque chose en mouvement.
Je vous accueille à La Seyne-sur-Mer, en kinésiologie et en constellations systémiques et familiales, pour travailler sur ce que cette perte vient toucher pour vous, à votre rythme.
L'objectif n'est pas d'effacer le lien avec votre parent.
Il peut être, progressivement, de lui redonner sa juste place dans votre histoire sans cesser d'occuper pleinement la vôtre, du côté des vivants.


