
Deuil périnatal : apprivoiser une douleur que l'entourage ne voit pas toujours

Cécile Puljer
Praticienne Constellation Familiales & Kinésiologue · La Seyne-sur-Mer
Une douleur réelle, même quand elle reste invisible
Vous avez perdu un bébé pendant la grossesse, au moment de la naissance ou dans les jours qui ont suivi.
Et autour de vous, la vie a parfois repris beaucoup plus vite que prévu.
Les collègues n’en parlent plus. Certains proches ne savent pas quoi dire. D’autres essaient de vous rassurer avec des phrases comme : « Vous pourrez réessayer », « C’était encore tôt » ou « Tu es jeune, tu auras un autre enfant. »
Souvent, ces mots partent d’une bonne intention. Mais ils peuvent être particulièrement difficiles à entendre lorsque, pour vous, ce bébé avait déjà une place.
Le deuil périnatal peut survenir après une fausse couche, une interruption médicale de grossesse, une mort in utero ou le décès d’un bébé autour de sa naissance. Les circonstances et les histoires sont différentes, mais dans chacune d’elles, il y a eu une perte.
Et parfois, ce n’est pas uniquement un bébé que l’on pleure. C’est aussi un prénom auquel on avait commencé à penser, une chambre que l’on imaginait, une place dans la famille, des vacances déjà projetées…
Tout un avenir avait commencé à se dessiner.
Ce que ce deuil peut faire vivre
Après une perte périnatale, les émotions peuvent être nombreuses, parfois contradictoires.
Vous pouvez ressentir une immense tristesse et, quelques heures plus tard, avoir envie de rire — puis culpabiliser d’avoir ri.
Vous pouvez être en colère contre votre corps ou vous demander ce que vous avez fait de travers, même lorsque vous savez rationnellement que vous n’êtes responsable de rien.
Vous pouvez redouter de croiser une femme enceinte, ne plus supporter certaines conversations ou ressentir une pointe de colère en voyant une poussette dans la rue… avant de vous en vouloir immédiatement.
Et dans le couple, chacun peut traverser cette perte différemment. L’un peut avoir besoin d’en parler quand l’autre se réfugie dans le travail. L’un peut pleurer beaucoup, l’autre sembler continuer comme avant.
Cela ne signifie pas nécessairement que l’un souffre davantage que l’autre.
Il n’existe pas une seule manière de vivre ce deuil.
Certaines dates peuvent également raviver la douleur : la date prévue de l’accouchement, l’anniversaire de la perte, une fête familiale ou l’annonce d’une nouvelle grossesse autour de vous.
Cela ne signifie pas que vous revenez en arrière. Le deuil n’avance pas en ligne droite.
Et le corps dans tout cela ?
Dans un deuil périnatal, le corps occupe une place très particulière.
Il peut avoir vécu une grossesse, des changements hormonaux, un accouchement ou une intervention médicale, tout en traversant simultanément une perte émotionnelle importante.
Et parfois, la relation au corps devient elle-même compliquée.
Pourquoi mon corps n’a-t-il pas réussi ?
Pourquoi est-ce que je lui en veux ?
Comment lui refaire confiance pour une prochaine grossesse ?
En kinésiologie, nous pouvons partir très concrètement de ce que vous vivez aujourd’hui : une gorge serrée lorsque vous évoquez la grossesse, une peur très forte à l’idée d’une nouvelle tentative, une colère contre votre corps ou une culpabilité dont vous n’arrivez pas à vous débarrasser.
Avec le test musculaire comme fil conducteur, nous définissons ensemble l’objectif de la séance et travaillons sur le stress et les émotions associés à ce que vous avez vécu.
Il ne s’agit pas d’effacer la perte, mais de pouvoir travailler sur ce qu’elle vient encore toucher en vous aujourd’hui.
Donner une place à celui ou celle qui a existé
Les constellations systémiques et familiales peuvent également avoir une place particulière dans l’accompagnement d’un deuil périnatal.
Dans cette approche, un enfant qui a existé appartient au système familial, quelle que soit la durée de sa vie ou de la grossesse.
Une constellation peut permettre de représenter ce qui est présent dans votre système familial et de donner symboliquement une place à ce bébé. Cela peut notamment avoir du sens lorsqu’il reste quelque chose que vous auriez voulu dire ou lorsque vous avez la sensation que cette histoire n’a jamais réellement trouvé sa place.
Il peut parfois s’agir de pouvoir reconnaître simplement :
« Tu as existé. Tu fais partie de mon histoire. Et je peux continuer à vivre sans avoir besoin de t’effacer. »
Ce travail peut se faire en constellation individuelle, notamment avec des figurines, ou en groupe, selon ce qui vous convient le mieux.
Vous n’avez pas besoin de connaître précisément votre histoire familiale ni de savoir à l’avance ce qui doit être travaillé. Nous partons de ce qui est présent pour vous.
Un geste pour donner une place à cette histoire
Je ne vais pas vous proposer ici un nouvel exercice de respiration.
Pour ce sujet, un geste symbolique choisi par la personne peut parfois avoir davantage de sens.
Vous pouvez simplement vous demander :
« Quel geste représenterait, pour moi, le fait de reconnaître que ce bébé a existé ? »
Allumer une bougie. Planter une fleur ou un arbre. Écrire une lettre. Conserver un objet. Créer quelque chose qui n’aura de sens que pour vous.
Ou ne rien faire pour le moment.
Il n’existe pas de bon rituel. Le geste n’a de valeur que s’il vous parle et s’il arrive au bon moment pour vous.
Continuer à vivre ne signifie pas oublier
Avec le temps, la place de cette perte peut évoluer.
Rire à nouveau, avoir des projets ou éventuellement accueillir une nouvelle grossesse ne retire rien à l’existence du bébé que vous avez perdu. Un autre enfant ne vient pas le remplacer, tout comme rester dans la douleur n’est pas nécessaire pour conserver le lien avec son histoire.
Je vous accueille à La Seyne-sur-Mer, en kinésiologie et en constellations systémiques et familiales, si vous ressentez le besoin de travailler sur ce que cette perte a laissé en vous, sur votre rapport à votre corps, sur certaines émotions ou sur la place que vous souhaitez aujourd’hui donner à cette histoire.
Vous n’avez pas besoin d’avoir déjà compris ou mis des mots sur tout ce que vous ressentez.
Nous pouvons partir de là où vous en êtes.



